Olivia Auclair, dans le spectacle de L'autre Côté.

Avons-nous peur de parler de la mort avec les enfants ?

« On dirait que les adultes ont peur de parler de la mort avec les enfants. »

Cette phrase, prononcée dans le spectacle De l’autre côté d’Olivia Auclair, m’est restée en tête après la représentation.

Elle résume un paradoxe assez courant dans notre société : la mort fait partie de la vie, les enfants sont bien souvent prêts à nous en parler, mais nous hésitons souvent – nous les adultes – à aborder le sujet, surtout avec les plus jeunes.

J’ai eu l’occasion d’assister à ce spectacle récemment avec des classes d’élèves de 11 ans. Et je dois dire que j’en suis sortie profondément touchée.

Un spectacle qui interpelle dès les premières minutes

Dès l’arrivée d’Olivia sur scène et dès la première chanson, quelque chose se passe. Une surprise. Une émotion immédiate.

On comprend rapidement que ce spectacle ne va pas simplement raconter une histoire rigolote, mais nous emmener dans une expérience sensible autour d’un sujet délicat.

Au fil de la représentation, les émotions se succèdent :

  • des moments de tendresse
  • des rires inattendus
  • des sourires partagés
  • de la compassion

Et parfois une forme de prise de hauteur face à la mort et à l’interprétation qu’en fait Olivia. Son spectacle aborde ce sujet avec beaucoup de justesse et de tendresse. Dans le rôle de Prunelle, une petite fille de 10 ans, qui apprend que sa maman vient de mourir, elle nous aide à réfléchir, à ressentir et à nous poser nos propres questions.

Parler de la mort avec les enfants

Les enfants s’interrogent très tôt sur la mort.

Ils observent les réactions des adultes.
Ils ressentent les absences.
Ils essaient de comprendre et nous posent des questions.

Et pourtant, beaucoup d’adultes hésitent à aborder ces sujets ou ont tout simplement du mal à y répondre.

Pourquoi ces hésitations ?

Par peur de dire quelque chose de maladroit, de faux.
Par peur de faire peur.
Par peur de ne pas trouver les bons mots ou de ne pas gérer la conversation au mieux.

Mais éviter le sujet ne signifie pas que les enfants ne s’y confrontent pas, seuls face à leurs pensées… Au contraire, leurs questions restent souvent présentes.

Le spectacle d’Olivia Auclair montre qu’il est possible d’aborder la mort avec les enfants avec douceur, sensibilité, humour, vérité et intelligence.

La force des chansons et des mots

Outre le constant dialogue entre Prunelle et la mort, un élément m’a particulièrement marquée dans ce spectacle : les chansons.

Leurs paroles sont d’une grande justesse. Parfois drôles, parfois émouvantes, elles mettent des mots simples sur des émotions complexes.

En les écoutant, je me suis même surprise à penser que certaines pourraient presque être lues en classe par les enseignants et élèves, tant elles ouvrent des pistes de discussion avec les plus jeunes.

Elles parlent de la mort, bien sûr.
Mais elles parlent aussi de la vie, de l’amour, des liens, des souvenirs, et de l’importance de profiter de la vie et de ses proches.

Et surtout, elles permettent d’aborder ces sujets sans les rendre effrayants.

Quand le théâtre permet d’ouvrir la discussion

L’art est une ressource dans le deuil et le théâtre a cette capacité particulière d’aborder des sujets sensibles autrement. Le deuil et la mort y sont d’ailleurs souvent présents.

Dans une salle, adultes et enfants vivent la même histoire. Ils rient, s’émeuvent, s’interrogent ensemble, parfois au même moment, parfois différemment. Et tout cela, porté par la force du jeu des acteurs et par l’histoire.

Un spectacle peut ouvrir une conversation que l’on n’aurait pas osé commencer autrement.

Pour les enfants.
Mais aussi pour les adultes qui les accompagnent.

Une démarche qui fait écho à mon travail

En écrivant mon livre sur le deuil, j’ai souvent constaté à quel point la mort et le deuil restent des sujets difficiles à aborder pour nous, adultes. Le choix de mon titre en est la preuve : Le deuil ne se tait pas.

Les initiatives artistiques comme celle d’Olivia Auclair qui est comédienne, auteure et chanteuse, participent à changer cela. Elles rendent ces conversations possibles. Elles ouvrent peut-être des dialogues.

Et si ce spectacle est destiné à un public jeune, il est par ailleurs profondément parlant pour tous les âges. C’est probablement là toute sa force.

Conclusion

Le spectacle De l’autre côté est une invitation à regarder la mort autrement, à oser en parler.

Se retrouver spectateur, assis dans une salle avec d’autres personnes, regarder et écouter Olivia nous montrer que l’on peut regarder la mort avec sensibilité, avec humour parfois, avec humanité surtout.

C’est aussi prendre un moment pour réaliser que l’apprivoiser, c’est peut-être la rendre un peu moins effrayante et lui laisser parfois avoir une place dans nos discussions.

Pour aller plus loin

Si la question du dialogue autour de la mort avec les enfants vous interpelle, je vous propose également de lire :

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Photo de Marie Brasseur, auteure

Je suis Marie Brasseur

J’écris sur le deuil pour mieux comprendre ce qu’il transforme en nous et autour de nous.

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